Présentation

Jean-Luc Delarue, La Star Qui Ne S’aimait Pas par Vincent Meslet.

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(Editions Fayard)

Il y a une semaine, j’ai obtenu la lecture de ce livre par NetGalley. J’ai l’impression d’avoir grandi avec Jean-Luc Delarue qui représentait une nouvelle ère de l’animation audiovisuelle. J’ai suivi la plupart de ses émissions mais surtout Ca Se Discute que j’attendais avec impatience chaque semaine. Il y avait quelque chose de fascinant chez cet animateur, quelque chose de différent. Je me souviens avoir même postulé chez Réservoir Prod à l’été 2003 et avoir été reçue en entretien. Evidemment, je n’ai pas croisé Jean-Luc Delarue mais j’étais si fière d’être reçue dans ses locaux.

Quelques années plus tard, j’ai suivi de loin en loin sa chute vertigineuse. Il tombait aussi vite qu’il avait grimpé les échelons ce qui n’est pas sans rappeler le générique de la très prestigieuse série Mad Men dont on pourrait presque établir un parallèle avec la vie de Jean-Luc Delarue. Puis, un jour de 2012, j’ai appris son décès et ça m’a beaucoup émue. J’abordais donc ce livre sans surprise puisque l’histoire était déjà connue. Néanmoins, j’y ai découvert l’autre face de l’animateur-vedette, ce côté si sombre qu’il l’a mené à sa propre perte. Pourtant, au fil des pages, je ne pouvais m’empêcher d’espérer que la fin soit différente, un peu comme lorsqu’on regarde le film Titanic et qu’on espère que le bateau ne coulera pas.

Ce livre aurait tout aussi bien pu s’appeler Docteur Jean-Luc et Mister Delarue tant on y découvre les deux visages complètement opposés du présentateur. D’un côté, il y a l’homme privé resté un petit garçon en soif de reconnaissance et qui fera tout pour montrer à son entourage qu’il est doué et être reconnu par lui. De l’autre, l’homme publique, celui que nous connaissons, celui qui n’est qu’une façade, un rôle de composition, un patron tyrannique dévoré par l’angoisse et la notoriété. Ce qui réunira ces deux côtés d’une même médaille seront l’alcool et la drogue qu’il consomme sans modération et qui finiront par l’emmener en enfer mais aussi, paradoxalement, à sa libération.

A partir de ce moment, il entamera un lent processus de rédemption en devenant l’un de ceux que jusqu’à alors il interviewait dans ses émissions-témoignages. Il se rendra dans plusieurs lycées en France et en Suisse pour parler de ses addictions. Il expliquera aux jeunes venus l’écouter comment l’alcoolisme peut-être sournois et s’immiscer dans une vie au cours des fêtes estudiantines où celui qui boit le plus est le plus cool. Puis, alors qu’il se sent enfin lui-même, le diagnostic tombe : Cancer de l’estomac et du péritoine. Cette dernière épreuve, même s’il semble vouloir l’affronter et ne pas se laisser abattre, il ne s’en relèvera pas.

Finalement, on retiendra de Jean-Luc Delarue qu’il était une personne fragile, douée mais sans aucune confiance en lui, un éternel insatisfait qui de par sa profonde souffrance faisait aussi souffrir les autres quels qu’ils soient. Depuis le début de cette lecture, une réflexion me vient sans cesse à l’esprit : On ne devrait jamais rencontrer ses idoles. Il y a l’ombre et la lumière ; ce que nous voyons sur scène, au cinéma ou à la télévision c’est ce qui fait rêver. Les coulisses devraient toujours rester secrètes.

 

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